Adolescence et grossesse.
 
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Adolescence et grossesse

Par: Nicolas Sajus

Alors qu'il serait de bon ton de prôner la «jouissance », on semblerait oublier la finalité première de l'acte sexuel.

Le message sociétal implicitement véhiculé, auprès des jeunes, reste celui de la peur !

>On stigmatise la grossesse : « Tu risques de « tomber » en enceinte !».
>Tu vas attraper « des infections sexuellement transmissibles, notamment le SIDA !»

Avec de telles craintes, il n'est pas étonnant que l'on bouleverse le rapport à la sexualité et les jeunes sont parfois les premiers à manifester leur « ras le bol » face à ce discours ambiant!

Par de tels « slogans », notamment celui « du «risque » de grossesse », réalise-t-on que l'on nie la fonction première de l'acte sexuel, à savoir celui de la procréation ?

Au début de l'adolescence (la puberté) se déterminent, entre autre, les caractères sexuels primaires (c'est à dire les organes reproducteurs) dont les signes physiologiques correspondent à l'apparition des premières règles chez la jeune fille, et les premières éjaculations chez le jeune garçon.

Jusqu'à preuve du contraire, se définit ici, la capacité d'une femme et d'un homme à donner la vie…

En ce « sens » la prévention auprès des adolescents ne peut se limiter à de la contraception ou toute la théorie sur l'IVG.
La preuve en est des statistiques recensées, qui seront évoquées par la suite…

On ne peut créer de clivage entre sexualité et procréation, même chez l'adolescent…
C'est nier le désir de grossesse qui s'inscrit aussi de façon inconsciente dans l'Homme…

Sous prétexte de libération de la femme, de possibilité de choisir…on refuse cette finalité qui est une reliance ontologique…Il n'y a qu'à écouter les projections de certaines femmes qui ont avorté et notamment leur culpabilité qui n'a jamais été accompagnée…

En outre, il s'agit aussi de questionner la manière dont on aborde la sexualité auprès des adolescents notamment en termes d'attentes…

Est ce une solution de générer des craintes et de tendre à parler sans cesse : « de risque zéro » ou « d'interdit d'enfants », à l'adolescence ?

Que renvoie-t-on par de tels messages ?

On ne tient plus compte de la notion d'amour, du désir de la personne dans sa dimension holistique…car toutes les grossesses ne sont pas des «erreurs »…
Tous les soit disant « oublis de pilule » seraient à questionner et à analyser…ils viennent parfois symboliser une histoire de vie…

Les pouvoirs publics s'interrogent-ils sur les mesures règlementaires qu'ils promulguent en l'occurrence lorsqu'ils viennent « réformer » la loi de l'accompagnement du mineur par son ou ses parents au centre de planification pour l'IVG ?

Alors que le lien familial se fragilise de plus en plus, ne vient –t – on pas dans certaines situations, creuser encore plus le fossé lorsque le référent devient n'importe quel adulte ?

Comment doivent réagir les parents, lorsqu'ils ne sont pas informés et qu'ils se retrouvent avec une adolescente qui peut, soit devenir triste, soit agressive ?

Je reste surpris que malgré la loi sur l'IVG de 1975, la mise en place et le développement de la contraception, enfin, l'instauration des interventions dans les établissements scolaires, peu de personnes ne s'interrogent sur le fait que les chiffres de l'avortement restent pratiquement identiques (environ 220 000/an) et que les études tendraient à démontrer qu'alors que chez les adultes il y aurait une légère baisse, l'augmentation serait en regard de la catégorie soit disant la mieux « informée » à savoir les adolescents.

En outre, alors que la part de ces derniers représente environ 5% des avortements, pourrait-on parler de cela comme « un apanage »…même si cet acte et loin d'être à condamner, ou à juger!
Cette même question serait d'ailleurs à poser pour toute femme …

L'entretien pré IVG reste difficile, et pour la mineure, et pour le professionnel.

Alors qu'il n'y a pas assez de conseillers conjugaux et familiaux il s'agit souvent d'assistants sociaux qui ne sont pas formés qui s'y « collent »…(disent-ils parfois)…

Je viens vous voir « car je me suis effondrée en larmes, face au choix que je devais poser, et la personne en face ne savait plus quoi me dire… » m'évoquait une jeune fille de 16 ans sortant de l'entretien…

Que dire du glissement sémantique…

On passe de l'avortement, à l'interruption volontaire de grossesse puis IVG et dans les unités hospitalières cela devient « je vais voir la « K10 » » (K étant la cotation d'un acte en regard de la nomenclature médicale)…

Est ce cela la libération de la femme ?

S'interroge-t-on sur le « sens » de cette grossesse chez l'adolescent? (même si son terme sera un avortement)

Que penser quand il n'y a aucun suivi, que le lien avec le(s) parent(s) ne peut se faire, souvent à cause de peurs fantasmées par des adultes? (et que la loi vient renforcer cela !)

Que dire quand le petit ami est parti ou que la jeune l'a quitté par peur?

Que penser quand cette même jeune fille est seule à l'hôpital ou chez elle ?... et que les seules réponses qu'on lui apporte sont : « on fait une échographie de contrôle après » et « au revoir, pense à ta pilule la prochaine fois ! »

Comment va-t-elle rebondir si elle ne peut libérer de mots ?

Alors, face à la grossesse, l'interruption de cette dernière, doit rester un choix libre, et «sans pression» !

La réflexion semble essentielle dans de telles circonstances.

Aussi, la contraception n'est pas une histoire que de femme, mais cela devrait se vivre à deux.

En outre, il est important de savoir ce que va renvoyer cette notion, en regard de la « famille » et d'éventuelles injonctions ou représentations qui pourraient exister…

Il est aussi certain que le risque zéro n'existe pas !

Enfin, il semble essentiel de définir la sexualité dans ses véritables finalités, dans les responsabilités qu'elle implique (en l'occurrence cette possibilité de grossesse), dans les notions de plaisirs partagés…lever les peurs, pour mieux rassurer …

Cela semble un axe qui reste encore aujourd'hui trop souvent oublié.

L'adolescent reste toujours ce « chercheur de sens » qui a besoin de repères et de réassurance, et ce, même en matière de sexualité…©

A propos de l'auteur:
Psychothérapeute
Conseiller conjugal et familial
Certifié en sexologie

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